Ces OGM cachés qui finissent dans nos assiettes : la Confédération Paysanne et d’autres associations dénoncent la commercialisation de colza OGM par BASF-France.

 

Lettre ouverte aux dirigeants de BASF France

Mesdames, Messieurs,

BASF France 49 avenue Georges Pompidou 92300 Levallois Perret

Paris, le 3 mai 2018

Depuis plus de dix ans, votre entreprise BASF commercialise des colzas Clearfield tolérant les herbicides à base d’imidazolinone. La culture de ces colzas sur plus de 20 000 hectares en France suscite l’inquiétude de nombreux agriculteurs, citoyens et utilisateurs des espaces naturels français car elle génère de nombreux risques avérés pour l’environnement et les autres cultures agricoles.

Comment en effet empêcher la diffusion du gêne de résistance à cet herbicide dans les autres systèmes de culture et la contamination des espèces sauvages apparentées comme les ravenelles, via les flux de pollen et les pertes importantes de graines de colza lors des récoltes et des transports ?

Lors des demandes d’enregistrement au catalogue conditionnant la mise en marché de ces variétés, vous n’avez pas indiqué qu’il s’agissait d’Organismes Génétiquement Modifiés et vous n’avez donc pas été soumis aux procédures légales d’évaluation, d’étiquetage et de traçabilité prévues par les directives européennes et les lois françaises concernant les OGM.

Aucun document officiel français ou européen ne donne la moindre information sur les procédés de modification génétique que vous avez utilisés pour obtenir ces variétés de colza. Par contre, vous avez indiqué avoir eu recours à la mutagenèse lors de votre demande d’inscription à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, laquelle exige plus d’informations que les autorités européennes. Cette technique de modification génétique est exclue du champ d’application de la directive européenne sur les OGM. Cela vous permet d’affirmer que vous respectez la légalité en commercialisant les colzas Clearfield sans leur appliquer la réglementation européenne concernant les OGM.

Or diverses publications, signées entre autres par des chercheurs de votre entreprise, indiquent que les colzas Clearfield sont tous issus de mutants obtenus par «culture de microspores». Il s’agit de multiplication in vitro de cellules de pollen directement transformées en embryons puis en plantes en l’absence de toute fécondation. Cette reproduction de plantes de colza par simple multiplication de cellules germinales mâles ne se produit pas naturellement. Ce procédé de modification génétique n’est pas considéré par la réglementation européenne 2001/18 comme ne produisant pas d’OGM. Il n’est pas non plus exclu de son champ d’application. Les colzas qui sont issus de cette technique devraient donc être impérativement soumis à cette réglementation.

Ce procédé ne supprime pas les risques :

– d’atteinte irréversible à la biodiversité par transfert de gènes modifiés de tolérance aux herbicides aux nombreuses plantes cultivées ou sauvages pouvant se croiser avec le colza,

– de multiplication dans les cultures de « mauvaises herbes » et de repousses de colzas tolérants l’imidazoline et d’autres herbicides de la famille des inhibiteurs de l’ALS,

– d’augmentation des quantités et de la toxicité des herbicides utilisés pour les combattre, aux frais des agriculteurs qui sont de plus souvent obligés de transformer leurs pratiques au niveau de l’ensemble de leur système de culture.

Ces risques ont justifié, il y a quelques années, sans aucune controverse, l’interdiction française puis européenne de toute culture de colza transgénique tolérant le glyphosate. Vos variétés de colza Clearfield génèrent ce même type de risque.

C’est pourquoi, par cette lettre ouverte, nous vous demandons d’indiquer publiquement :

 

  • -par quels procédés ont été obtenus les colzas Clearfield que vous commercialisez ?
  • si vous avez eu recours à la culture de microspores, pour quelle raison ne l’avez-vous pas déclaré lors des demandes d’autorisation de mise en marché ?
  • Pour quelle raison n’avez-vous pas appliqué les obligations imposées par la réglementation européenne concernant les OGM ?
  • quelles mesures préconisez-vous pour maîtriser les risques que génère toute culture de colza tolérant des herbicides ?

Nous serions heureux de pouvoir vous rencontrer pour en débattre. Dans l’attente, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de nos salutations distinguées.

Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération Paysanne

Sylviane Gauthier, Consommateurs pas cobayes
Esther Billaud, CSFV49
Daniel Evain, Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique

Eliane Anglaret, Fédération Nature & Progrès

Hervé Le Meur, OGM dangers
Philippe Catinaud, Réseau Semences Paysannes

Dominique Cellier, Sciences Citoyennes
Alzin Frappin Vigilance OG2M
Jacky Berrahil, Vigilance OGM33
Michel Menant pour Vigilance OGM et pesticides 16

Jacques Testart, biologiste
José Bové, député européen

 

 

 

Grande mobilisation citoyenne pour défendre les fromages fermiers

Communiqué de presse de la Confédération paysanne du 21 juin 2018

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La Confédération paysanne vient de lancer une pétition* pour défendre le terme de « fromage fermier ». En une semaine, elle a déjà recueilli plus de 30.000 signatures. Elle s’adresse aux parlementaires et au Ministre de l’agriculture qui discuteront la semaine prochaine, au Sénat, de l’article 11 octies du projet de loi agriculture et alimentation qui ouvre la voie à un dévoiement du terme « fromage fermier ».

Aujourd’hui, un fromage fermier doit être produit de A à Z sur la ferme du producteur. Certaines AOC peuvent utiliser le terme « fermier » mais l’affinage à l’extérieur de la ferme est encadré par leur cahier des charges. Si cet article du projet de loi n’est pas modifié, demain un fromage affiné en-dehors de la ferme pourra être appelé « fermier » sans aucune règle. Des affineurs industriels pourront alors récupérer sans scrupules la plus-value des fromages fermiers. Nous proposons donc que le projet de loi se limite à sécuriser et encadrer ces pratiques en AOC, en garantissant dans ce cas la présence du nom du producteur sur l’étiquette. A défaut, les productrices et producteurs seront lésés et les consommateurs et consommatrices trompés.

La Confédération paysanne appelle donc le Sénat à dire non à la récupération du terme fermier pour protéger les producteurs fermiers comme les consommateurs.

https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/projet-loi-agriculture-recuperation-terme-fermier/44517

 

Communiqués de nos partenaires: La Confédération paysanne, Générations futures, Reporterre …

Retrouvez des articles et des communiqués de presse autour de l’agriculture citoyenne, de l’écologie et de l’alimentation.

19/04/18 – Évaluation des pesticides : un nouveau rapport montre comment l’industrie édicte ses propres règles :

https://www.generations-futures.fr/actualites/evaluation-pesticides-rapport/

13/04/18 – Quelques images de la zad avant sa destruction partielle cette semaine : https://www.youtube.com/watch?v=f04PFWcr63Q

Je n’étais jamais venue sur la ZAD,  collaboration entre des habitant-es de la zad, le réalisateur Leo Leibovici et l ‘actrice Lizzie Brochere, un petit film qui nous invite à un voyage intime à travers le territoire libéré de la zad, à la recherche d’espoir en ces temps tourmentés, réalisé pour appeler toutes et tous à venir à la grande mobilisation du 10 février 2018, pour enraciner l’avenir à Notre-Dame-des-Landes.

11/04/18 – Notre-Dame-des-Landes : nos tracteurs pour un retour au calme.

La Confédération paysanne demande instamment l’arrêt de l’intervention

11.04.2018 L’intervention policière débutée lundi à Notre-Dame-des-Landes, censée permettre la réouverture de la RD 281, est devenue une opération de destruction massive de projets agricoles et de lieux de vie, à l’image de la démolition des « 100 Noms », lieu emblématique de cette Zone Agricole en Développement.Le dialogue et les engagements pris de part et d’autre depuis l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport sont aujourd’hui réduits à néant avec ces destructions qui trahissent la parole de l’État qui a choisi une issue policière.
Le fait que la préfète de Loire-Atlantique refuse de prendre en compte les projets collectifs qui avaient commencé à s’engager dans un processus de reconnaissance et exige qu’ils soient portés nominativement est inacceptable. Il sert surtout à justifier les destructions en cours.

Les autorités ont refusé la main tendue hier par des habitants de la ZAD de se mettre autour d’une table, avec comme préalable l’arrêt des opérations policières. Le Gouvernement doit aujourd’hui l’accepter pour obtenir un retour au calme. Sinon, il prend le risque que l’escalade de la violence constatée hier, avec des blessés de part et d’autre, ne conduise à un drame.

La Confédération paysanne demande instamment l’arrêt de l’intervention pour permettre une reprise du dialogue et assurer l’avenir. Elle appelle les paysannes et paysans à converger aujourd’hui massivement en tracteur vers Notre-Dame-des-Landes.

 11 / 01 / 2018 – Communiqué de presse de La Confédération paysanne

Laits contaminés : Reprenons en main la chaîne alimentaire

Après la série de scandales sanitaires et frauduleux, la contamination de laits infantiles dans l’usine Lactalis de Craon touche les consommateurs les plus vulnérables que sont les nourrissons.

Jusqu’où va-t-on laisser faire ? Cette affaire a démontré la défaillance du système de contrôles sanitaires internes de l’industriel.

La responsabilité de cette situation s’étend aussi à l’Etat qui doit cesser de diminuer les moyens humains et financiers de contrôle de l’industrie agroalimentaire et ne pas se contenter de jouer le rôle de gendarme a posteriori !

Comme si cela ne suffisait pas, on découvre que la grande distribution n’a pas retiré la totalité des lots incriminés.

Les acteurs de l’industrie agro-alimentaire et de la distribution sont incapables d’assurer aux consommateurs une alimentation sûre, tracée et de qualité. Cette chaîne alimentaire sur-industrialisée, hyper segmentée et financiarisée engendre de l’opacité aux dépens des consommateurs et des paysans.

Aujourd’hui, beaucoup d’efforts sont exigés des paysans qui garantissent la traçabilité totale de leurs produits. Mais une fois sortis de la ferme, cette traçabilité s’évanouit dans le système industriel malgré l’exigence légitime des consommateurs.

Cette nouvelle affaire est la preuve que nous avons besoin que la loi issue des Etats généraux de l’alimentation soit ambitieuse. Elle doit redonner à l’Etat son rôle d’arbitre tant pour le revenu paysan que pour la protection des consommateurs.

 

16 /11/ 2017 – Communiqué du de la Confédération Paysanne

Les Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (PNPP) ,

Les PNPP, véritables alternatives aux Pesticides du domaine public, hors la loi: la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) veut les retirer des magasins.

Si un scandale sanitaire de grande ampleur concernant les pesticides ne pointait pas son nez, la rengaine que l’on nous sert au ministère de l’agriculture «il n’y a pas d’alternatives aux pesticides» porterait à rire.
Récemment des contrôles par les DDPP (directions départementales de la protection des populations) dans des magasins Botanic de Saint Etienne et de Villeneuve-lès-Avignon demandent le retrait des rayons des «Purins de Consoude». La consoude est une plante qui se mange en beignets. Le savon noir est aussi visé par le contrôle. (voir document joint avec ce communiqué).
Cela fait onze ans que la guerre de l’ortie a éclaté suite à l’interdiction de ce qu’on appelait à l’époque les Alternatives Naturelles aux Pesticides du Domaine Public dont le célèbre « purin d’ortie». Ces alternatives largement utilisées dans les villes, les jardins et les champs sont encore pour la plupart interdites malgré les promesses des gouvernements successifs de les autoriser.
De fait, les paysan.ne.s utilisateurs et les collectivités locales sont lourdement impactés pour protéger leurs cultures et les espaces publics.
Il ne tient qu’au ministre de l’agriculture de faire en sorte que ces alternatives soient enfin autorisées. La loi d’Avenir pour l’Agriculture, l’Alimentation et la Forêt (LAAF du 13 octobre 2014) complétée par l’arrêté du 27 avril 2016 lui permet une ouverture très rapide.

Nous demandons l’autorisation immédiate de toutes les plantes et partie de plantes utilisées dans l’alimentation humaine et animale ainsi que les substances d’origines minérales et animales comme le précise la loi. Paysan.ne.s, collectivités, individus, etc doivent pouvoir fabriquer et utiliser des PNPP (purins, des tisanes, des décoctions, etc…) dans la légalité !

La transition à tout prix, Solagro: http://revue-sesame-inra.fr/la-transition-a-tout-prix/